Après avoir compris les dimensions, les déterminants et les facteurs… comment passer à l’action ?
Dans notre précédent article, nous avons posé une distinction essentielle :
- Les dimensions décrivent la santé.
- Les déterminants l’influencent.
- Les facteurs en constituent des manifestations concrètes.
Mais pour une organisation, comprendre ne suffit pas.
La véritable question devient : Comment identifier ce qui agit réellement sur la capacité de l’humain à agir, à s’adapter et à durer ?
Une même situation peut avoir plusieurs dimensions
Prenons deux situations devenues courantes dans le monde du travail :
La sédentarité.
Elle peut concerner la santé physique, mais aussi l’énergie, le sommeil, la concentration, les habitudes de vie et les conditions d’organisation du travail.
La sursollicitation cognitive.
Elle peut affecter la santé mentale, mais aussi la récupération, les relations, la qualité des décisions, l’autonomie ou encore l’organisation du travail.
Dans les deux cas, chercher une cause unique conduit à une lecture incomplète.
L’OMS rappelle d’ailleurs que la santé est influencée par les conditions dans lesquelles les personnes vivent et travaillent, leur environnement, leurs relations, leurs caractéristiques individuelles et leurs comportements.
La santé n’est donc pas seulement ce qui se passe dans l’individu. Elle se construit aussi dans son interaction avec son environnement.
NACEOL : une lecture globale des déterminants
C’est à partir de cette nécessité que NACEOL a construit son approche de la Santé Globale.
Notre modèle s’appuie sur 8 grands déterminants interdépendants.
Ils permettent de regarder simultanément : l’humain, ses ressources, ses comportements, ses relations, son organisation et son environnement.
Nous ne cherchons donc pas à isoler une dimension de santé ou à additionner des indicateurs indépendants.
Nous cherchons à comprendre les interactions.
Car une difficulté observée chez une personne peut relever de plusieurs niveaux :
- de ses ressources ou compétences ;
- de ses habitudes et comportements ;
- de ses relations ;
- de son organisation ;
- de son management ;
- de son environnement de travail.
L’enjeu est d’identifier ce sur quoi il est possible d’agir.
De la prévention à la capacité d’agir
Cette approche rejoint également une question centrale de la médecine évolutionniste : celle de la discordance entre certaines caractéristiques de notre biologie et des environnements contemporains qui évoluent beaucoup plus rapidement.
Sédentarité, sollicitations numériques permanentes, accélération, fragmentation de l’attention, horaires décalés, faible récupération… Ces transformations ne sont pas sans conséquences pour un organisme humain dont les mécanismes d’adaptation se sont construits sur des temporalités beaucoup plus longues.
La notion de discordance évolutive constitue ainsi pour NACEOL une grille de lecture permettant d’interroger les conditions dans lesquelles l’humain doit aujourd’hui vivre, décider, travailler et coopérer.
Mais mesurer quoi ?
C’est ici que se situe une différence essentielle.
Mesurer uniquement une perception de santé ne suffit pas.
Mesurer uniquement des risques ne suffit pas non plus.
Et mesurer uniquement des comportements individuels peut conduire à une lecture incomplète.
Il faut pouvoir relier les différents niveaux.
C’est le rôle de la méthodologie RAICE®.
RAICE® s’intéresse notamment à cinq compétences comportementales et sociales essentielles dans la capacité d’agir :
Responsabilité – Autonomie – Initiative – Coopération – Engagement.
Ces compétences ne sont pas considérées isolément. Elles sont mises en perspective avec les déterminants de la Santé Globale afin de mieux comprendre les situations, les écarts, les interactions et les marges de manœuvre.
Comprendre. Mesurer. Agir.
Une approche qui ne réduit pas la santé à la responsabilité individuelle
Lorsqu’une organisation constate une difficulté, elle doit rechercher ce qui relève de la personne, mais également ce qui relève de l’organisation du travail, du management et de l’environnement de travail.
La Santé Globale invite ainsi à ne pas regarder uniquement les capacités d’adaptation de l’individu, mais également les conditions organisationnelles qui permettent ou, au contraire, entravent sa capacité à agir, à s’adapter et à durer.
L’OMS comme les travaux sur la santé au travail soulignent l’importance des conditions de travail, de l’organisation, de l’autonomie, du soutien social, de la charge de travail et de l’environnement dans la santé des travailleurs.
La Santé Globale invite donc à déplacer le regard :
de l’individu seul vers l’interaction entre l’humain et son environnement.
Performance aujourd’hui. Robustesse demain.
Pour NACEOL, la Santé Globale n’est pas une finalité périphérique de l’organisation.
Elle constitue une condition de sa capacité à agir dans la durée.
- La performance nous permet d’agir aujourd’hui.
- La robustesse nous permet de continuer à agir demain.
- La Santé Globale consiste à construire les conditions qui rendent les deux possibles.
C’est dans cette perspective que NACEOL développe son approche, ses outils et ses indicateurs : comprendre ce qui agit ; mesurer ce qui compte et donner les moyens d’agir durablement.
Les 8 déterminants constituent l’architecture globale de cette lecture. Leur déclinaison et leur analyse détaillées constituent le cœur de l’approche NACEOL.
Parce que mieux comprendre l’humain, c’est déjà mieux préparer l’organisation à durer.
Références
Organisation mondiale de la Santé (OMS)
Déterminants de la santé — L’OMS rappelle que les conditions de vie, l’environnement, les revenus, l’éducation, les relations, l’emploi et les conditions de travail influencent la santé.
Organisation mondiale de la Santé (OMS)
Santé mentale au travail — 15 septembre 2026. L’OMS identifie notamment la charge de travail excessive, le faible contrôle sur le travail et les mauvaises conditions de travail comme des risques pour la santé mentale.
Institut national de recherche et de sécurité (INRS)
Risques psychosociaux — Les facteurs de RPS comprennent notamment l’intensité et le temps de travail, les exigences émotionnelles, l’autonomie, les rapports sociaux, les conflits de valeurs et l’insécurité de la situation de travail.
Médecine évolutionniste
La littérature scientifique utilise notamment la notion d’evolutionary mismatch (« discordance évolutive ») pour étudier les décalages entre certaines adaptations humaines et les environnements contemporains.
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